10 juin 2016

Tunisie: Que reste-t-il d'un songe d'une longue nuit d'hiver?

Je me souviens de ce 14 Janvier, à Bab Bhar à Sousse, au moment où la police a commencé a tirer des balles réelles sur les manifestants vers 16h45 avec deux gars qui étaient tombés sous les balles à peine à quelques mètres de moi. Je me souviens comment la police de Ben Ali , prise de panique s'est retirée d'un seul coup. Je me souviens de cette air remplie d'odeur de sang et du gaz lacrymogène; puis, soudainement, tout le monde commença à dire que Ben Ali était parti.
Ce jour là: je m'étais dit, nous sommes devenus un peuple libre et rien ne pourra nous arrêter et que, peut être, l'Individu aurait une place dans cette société. Ce jour là, où j'avais vu la mort devant mes yeux, je m'étais juré de ne plus jamais accepter de vivre sous la dictature; je m'étais juré de travailler d'arrache-pied  pour que mon pays soit prospère.
Où sommes-nous après toutes ces années? Où est le labeur, le travail, la solidarité? Avant, nous avions la main mise d'une hyène supérieure;  aujourd'hui, on découvre que la hyène supérieure a contaminé tout un peuple et que cette hyène a laissé derrière elle, parmi son clan mais aussi parmi les autres clans, une mentalité, une façon d'être, une colonie de petites hyènes méchantes, affamées et vicieuses. Où sommes-nous dans tout ce que nous avons vécu? Sommes-nous destinés à rester toujours des sujets et jamais citoyens?
O Tunisie, Que reste-t-il d'un songe d'une longue nuit d'hiver?
Je vous laisse contempler ces lignes écrites par le grand Abou el Kacem Chebbi:

أيْها الشعبُ! ليتني كنتُ حطَّاباً فأهوي على الجذوعِ بفأسي!
ليتَني كنتُ كالسيّولِ، إذا ما سالَتْ تهدُّ القبورَ: رمْساً برمٍسِ!
ليتَني كنتُ كالريّاح، فأطوي ورودُ الرَّبيع مِنْ كلِّ قنْس
ليتني كنتُ كالسّتاء، أُغَشِّي كل ما أَذْبَلَ الخريفُ بقرسي!
ليتَ لي قوَّة َ العواصفِ، يا شعبي فأُلقي إليكَ ثَوْرة َ نفسي!
ليت لي قوة َ الأعاصيرِ! إن ضجَّتْ فأدعوكَ للحياة ِ بنبسي!
ليت لي قوة َ الأعاصيرِ..! لكْ أنتَ حيٌّ، يقضي الحياة برمسِ..!
أنتَ روحٌ غَبِيَّة ٌ، تكره النّور، وتقضي الدهور في ليل مَلْس...
أنتَ لا تدركُ الحقائقَ إن طافتْ حواليكَ دون مسّ وجسِ...
[...]

أينَ يا شعبُ قلبُكَ الخَافقُ الحسَّاسُ؟ أينَ الطُّموحُ، والأَحْلامُ؟
أين يا شعبُ، رُوحُك الشَّاعرُ الفنَّانُ أينَ، الخيالُ والالهامُ؟
أين يا شعبُ، فنُّك السَّاحرُ الخلاّقُ؟ أينَ الرُّسومُ والأَنغامُ؟
إنَّ يمَّ الحياة ِ يَدوي حوالَيْكَ فأينَ المُغامِرُ، المِقْدَامُ
أينَ عَزْمُ الحياة ِ؟ لا شيءَ إلاّ الموتُ، والصَّمتُ، والأسى ، والظلامُ
عُمُرٌ مَيِّتٌ، وَقَلْبٌ خَواءٌ ودمٌ، لا تثيره الآلامُ
وحياة ٌ، تنامُ في ظلمة ِ الوادي وتنْمو من فوقِها الأوهام
أيُّ عيشٍ هذا، وأيُّ حياة ٍ؟! رُبَّ عَيْشٍ أخَفُّ منه الحِمَام

tun disillusion

 


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