31 octobre 2018

Lettre Ouverte aux Universitaires à Propos de Votre Statut et Vos Droits: Il faut Agir

 

Cher(e)s collègues,

Nous vivons actuellement l’un des moments les plus délicats et les plus dangereux pour le devenir du corps des enseignants universitaires chercheurs. Non seulement les valeurs du mérite et du savoir sont plus que jamais menacées mais également notre aspiration à la justice dans la fonction publique, à travers la mise en place du respect de l’échelle salariale, est compromise.

Que s’est-il passé et quelles sont les intentions du MES ?

Nous avons travaillé avec le MES pendant trois mois à l’élaboration d’un statut répondant aux exigences internationales et alliant mérite scientifique et valeur pédagogique. Pour cela, nous avons présenté des propositions réfléchies collégialement par nos bases, appuyées par des études comparatives approfondies, des textes et des exemples internationaux. Nous nous sommes mis d’accord sur un ensemble de points et surtout nous avons bien précisé les lignes rouges à ne dépasser. Seulement dernièrement le MES a adopté une attitude évasive et une fuite en avant en essayant de gagner du temps puis a affiché une rétraction radicale comme le montre les points suivants :

I-        Nous nous sommes mis définitivement d’accord sur l’abolition totale de l’unification des corps. Cet accord a été appuyé d’ailleurs par le retour des PVs des conseils scientifiques de toutes les universités. Seulement, après ce rythme marathon de négociations, voilà que le MES veut faire passer, par un forcing, la création de ce qu’il appelle un « Tronc commun » entre les différents corps. Un vrai danger qui permettra de créer des passerelles entre les corps comme par exemple, la possibilité de promotion d’autres corps au sein du nôtre par le biais d’un concours interne. Ceci, va supprimer le mérite scientifique qui repose sur la recherche et le concours externe pour l’entrée à l’université. Pire encore, cette mesure va marginaliser notre corps et le noyer dans la masse. De plus, cette démarche populiste pour des raisons va compromettre la chance d'ouvrir des concours externes pour les milliers de Docteurs en chômage. A souligner que cette mesure tant impopulaire par les universitaires est appuyé par des partis ayant une vision minimaliste pour des raisons purement électoralistes.

II-      Nous nous sommes mis également d’accord sur la nécessité de nous aligner aux standards internationaux en ce qui concerne les grades permettant de conserver une flexibilité et une excellence des universitaires tunisiens à l’étranger. Ainsi, deux grades ont été établis pour les permanents : Maître de Conférences et Professeur. Le passage d’un grade à l’autre se fait par l’obtention d’une habilitation à travers des commissions nationales et des grilles unifiées. A notre désarroi, après des mois de négociations pendant lesquels on a rejeté ensemble cette option, voilà que le MES  fait marche arrière et tente le forcing pour la création d’un grade n’existant nulle part ailleurs pour le cadre permanent, même pas en France, celui de Maître de Conférences Habilité encourageant ainsi le blocage des collègues dans leurs parcours scientifique  pendant cinq années supplémentaires favorisant ainsi le népotisme au dépends du mérite scientifique.

III-    Depuis le début des négociations, nous n’avons cessé d’insister sur le respect des délais pour la finalisation des textes et à aborder en profondeur la question des retombées financières propres au nouveau statut. A chaque rappel de notre part, le MES affirme qu’il attend l’avis des universités et des conseils. Nous avons également mis en garde le MES de ne pas dépasser fin Octobre comme le stipule l’accord du 07 Juin. Voilà, qu’après tant d’assurances du MES, celui-ci nous demande de patienter encore sans donner de réponses convaincantes ni une vision claire. L’objectif est bien finalement d’anéantir tout espoir de réparation du préjudice dont nous sommes victimes à partir de Janvier 2019.

IV-   Enfin, à chaque réunion, nous avons demandé à ce que le MES donne son accord pour attribuer 90% du montant indiqué dans l’accord du 7 juin (0,75% d’augmentation du budget) aux retombées financières du nouveau statut. A chaque réunion le MES promet de nous donner une réponse dans les plus brefs délais pour enfin nous dire qu’il ne peut pas aborder la question matérielle tant que le statut n’est pas finalisé. Nous ignorons quand ce statut va être finalisé au vu de l’attitude évasive de nos interlocuteurs.

V-     Il est à signaler, en conclusion, que l’intention de vider l’Université Tunisienne publique de ses compétences, de sa richesse, de ses moyens est une finalité pour un projet visant à emmener les campus étrangers chez nous et mettre le pays à genoux.

Cher(e)s collègues,

Notre corps est menacé, nos droits bafoués et notre secteur risque la faillite. Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’un seul choix. Il faut agir et vite !

Veuillez remplir le sondage ci-joint pour décider des actions à entreprendre.

https://goo.gl/usNxR2

Veuillez trouver aussi le document, très dangereux, relatif aux conclusions et recommandations du dernier conseil des universités confirmant nos propos ci-dessus.

 

Voici Enfin un sondage en ligne dans lequel nous demandons votre avis pour les actions à entreprendre

https://goo.gl/v1wGMu

dignes


Commentaires sur Lettre Ouverte aux Universitaires à Propos de Votre Statut et Vos Droits: Il faut Agir

    نحن لها وسيهوى كل منا على الجذع بفاسه والذى لا يملك فاسا فهو ليس منا

    Posté par Profil supprimé, 01 novembre 2018 à 22:56 | | Répondre
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