26 août 2019

Nadia Chakroun : Une Enfant de la Révolution

  • Texte rédigé par l’universitaire Faouzi Bellalouna

Puisque les publications en langue française ainsi que la liberté d’expression dérangent, j’ai le plaisir de partager avec vous un témoignage poignant de l’une des icones de la grève administrative de 2005, le camarade universitaire Faouzi Bellalouna. Bonne lécture :

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« Et en butte à une répression voyoue de la Réaction, d’une tutelle voyoue.

Je dirais d’abord que Nadia est une “enfant de la révolution”, de plus de soixante ans tout de même ! Je dirais aussi qu’elle ne les porte pas du tout. Voilà pour les présentations, tout en vous priant de bien noter que je vous dois des explications quant à cet épithète entre guillemets.

Nadia Chakroun est en arrêt de travail, à compter du 19/08/2019 et ce pour, je cite, “Non-respect des obligations, de réserve et de non-divulgation du secret professionnel; de détérioration du service public par la remise en cause de la valeur des diplômes scientifiques et de leur crédibilité”.

Nadia est poursuivie pour avoir publié un post où elle s’insurge, avec panache, contre les agissements de cette tutelle, de sa mise à mal du service public de l’Education, et de ce massacre littéral de nos diplômes, que je préciserais plus loin.

Le lien où Nadia s’insurge, avec panache, contre cette répression à l’encontre de notre science et de notre éducation, est en annexe de cet article.

Je partage absolument chaque virgule de ce que dit ma Collègue, Camarade, Nadia Chakroun, qui m'honore aussi de son amitié, dans ce post. Je partagerais tout ce qu'elle dirait, les yeux et oreilles fermés, tellement je connais sa noblesse et sa droiture morale.

Nadia subit une répression indigne de la part d'une tutelle, aux ordres de ce ministre, Slim Khalbous, amené par ces vents réactionnaires qui ont brûlé le pays durant cinq si longues années, qui est absolument indigne de son poste, et qui a brûlé l'université durant son mandat, qui n'en finit pas de finir.

Nadia est la représentante de la section du syndicat Ijaba de ma fac des Sciences de Tunis, jeune syndicat militant, qui doit sa naissance à notre révolution bénie, libératrice de nos consciences et actions citoyennes, et protectrice de nos si minces acquis.

Nadia doit son engagement citoyen à notre révolution bénie, d’où ce titre entre guillemets, bien que je ne lui connaisse, depuis près de trois décennies, que noble attitude, mais peu d’engagement, du temps de cette dictature ignoble qui muselait le pays. Une muselière que cette tutelle veut nous ré-affubler, si bêtement et si comiquement !

Qu’est ce que je ne lirais pas, bon dieu, de la part de cette tutelle devenue hystérique !

Qu’est ce que j’attendrais de lire de l’UGTT, cette noble citadelle de Farhat Allah yarhmou, une Motion de colère à la mesure de cette atteinte grave au droit syndical qu’est cette muselière que la tutelle veut infliger à des milliers de syndicalistes, en grève !... Droit syndical pour lequel nous avons donné en offrande notre Martyr, sur l’autel de la lutte contre la colonisation. Comment puisse-t-on ne piper mot devant ces actes indignes, après cette révolution bénie et cette Constitution qui nous en préserve !? Comment l’UGTT laisse-t-elle porter ces atteintes graves aux libertés syndicales, libertés qu’elle a défendu becs et ongles depuis sa naissance !? Ne les a-t-elle défendues que pour elle-même, comme semblent le souligner les faits, depuis quelque temps !? J’oserais toujours espérer, encore, qu’il n’en est rien !

Ainsi, cette tutelle veut mettre au pas des citoyen(ne)s honorables, en lutte contre les dérives de l’administration, droit numéro un de tout syndicaliste, en leur interdisant même le droit à l’expression de leur refus, à leur droit d’expression tout court.

Je veux dire ici à cette tutelle, que ce droit à l’expression libre, ainsi qu’à celle des revendications syndicales, nous a été offert par ces Martyr(e)s de notre révolution bénie, et que l’on vous dénie absolument tout droit à sa remise en cause par ce réflexe de dictature qui s’exprime par ce fait. Nous serons libres, avec vous si vous le voulez bien, et malgré vous sinon.

Ces syndicalistes, en grève, littéralement en révolte, pour défendre justement la pérennité du service public, à l’université, dont la tutelle accuse pernicieusement sa mise en cause par Nadia; et pour défendre la valeur de nos diplômes scientifiques, martyrisés justement de cet extrait du Conseil des Universités, ce “mostall” de renommée tristement historique dont l’application brûlera, justement et à jamais, cette université qui nous a enfantés, comme des milliers comme nous, qui fût cet instrument puissant de l’élévation du Citoyen, par le savoir, qui a été une Constante sociétale en Tunisie, et que vous dilapidez, justement.

Le ministre, Slim Khalbous, en charge de l’université, assumera hélas, cette responsabilité historique de ce saccage méthodique de l’université que l’on a vu, durant son mandat, saccage irrémédiable, j’en ai bien peur. Le plus risible est que l’on ose accuser Nadia de “remettre en cause le niveau de gnagnagna...” alors que les méfaits de ce ministre relèvent littéralement du crime scientifique...

Le ministre, Slim Khalbous, en charge de l’Université, dont il a fait un véritable champ de ruines, devra dégager au plus vite, dans le sillage de son compère de ce duo des pyromanes de l’université, Youssef Chahed.

Et toi, Nadia, laisse-moi t’exprimer, à toi dont le portrait inonde notre espace virtuel commun, en un sursaut salutaire de soutien, ainsi qu’à mes Collègues, Hassen, Anis, Mounir et Adnene, le respect profond que je dois à vos personnes et à votre Lutte honorable, tout en vous assurant de mon soutien total à votre action, et en vous exprimant mes remerciements chaleureux d’avoir entretenu cette ferveur révolutionnaire à l’université, dont nous avons tant besoin. »

Voici finalement la vidéo en langue fraçaise lors de la conférence de presse.

 

أشد على أياديكم

لا خوف لا رعب الجامعة ملك الشعب

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